Le Dishwashergate.
Un mardi soir, le bouton du lave-vaisselle clignote et rien ne fonctionne …
J’ai beau me considérer comme quelqu’un d’assez polyvalent, mes talents en réparation d’électroménagers sont plus que minces.
Chéri lui, il a fait des études d’électromécanique.
Alors je ne dis pas que c’est la même chose, mais il a quand même plus de chance que moi de savoir d’où provient la panne.
Je le laisse donc démonter la moitié de la cuisine et chipoter aux fils et tuyaux qui se cachent derrière notre précieux lave-vaisselle.
Je dis précieux, parce que quand nous avons commencé à vivre ensemble, c’était un petit appartement où il fallait choisir entre, avoir un frigo, ou un lave-vaisselle.
Le choix a été vite fait …
Mais cela nous a valu de nombreuses bagarres pour savoir qui allait être de corvée vaisselle.
Donc maintenant que nous avons un lave-vaisselle, on l’aime, on le chérit, on le bichonne.
Mais revenons à notre histoire.
Une heure plus tard, je retrouve Chéri, debout et silencieux dans la cuisine, le visage impassible.
Je lui demande ce qu’il a, et il me dit : « Tu ne remarques rien ? »
Tout de suite, mes warnings se mettent en route.
Je sais que quand il me pose cette question, c’est qu’il y a un piège et que si je donne la mauvaise réponse, l’orage n’est pas loin.
Ne voulant pas prendre de risques, je me tais et attend sa réponse.
Il me dit : « Le lave-vaisselle refonctionne ! »
Ma réponse, à savoir : « Cool », n’a pas eu l’air de le satisfaire.
« Tu devrais me féliciter, je viens de nous faire économiser 800 euros. Je mérite une statue ou même que tu écrives un article sur moi ! », m’a-t-il dit !
Ok …
D’où, le pourquoi de cet article.
Honnêtement, je trouve ça formidable qu’il ait su réparer notre lave-vaisselle. Mais de là, à lui dérouler le tapis rouge …
Parce que moi, quand je lui fais à manger tous les soirs, je n’ai pas de standing ovation.
Quand chaque semaine, je sors les poubelles, on ne me fait pas une haie d’honneur.
Et quand j’ai porté notre fille pendant neuf mois avec tous les désagréments que cela a comportés, je n’ai pas vu de statue à mon effigie devant notre maison à ma rentrée de la maternité.
Pourquoi quand une femme accompli des tâches ménagères ou des exploits (parce oui, expulser un petit être humain de 3.500 kg de son utérus, c’est un exploit) c’est normal ?
Et quand un homme passe simplement l’aspirateur, c’est formidable ?
C’est mon côté féministe qui ressort encore, mais je commence à en avoir ras la quiche que nous ne soyons pas à égalité.
Si seulement cela avait pu s’arrêter là …
Le lendemain, j’essaie de lancer un cycle de lavage et …
Rien !
Chéri se remet au travail, redémonte la cuisine, et rechipote aux divers fils et tuyaux.
Cette fois-ci, je ne me ferai pas avoir !
Je m’apprête à applaudir de toutes mes forces, mon fantastique mari qui vient sûrement de nous faire à nouveau, économiser beaucoup d’argent.
Mais au lieu de bomber le torse de fierté, il a le visage fermé et les épaules voûtées.
Il m’annonce solennellement que notre lave-vaisselle vient de rendre l’âme.
Je lui demande innocemment, si ce n’est pas à cause de ses manipulations de la veille.
Et bien je n’aurais pas dû …
Mais qu’est-ce qui m’a pris ?
Erreur de débutante !
Déjà qu’hier, j’ai minimisé ses exploits. Voilà qu’aujourd’hui, je soumets l’idée qu’il a peut-être fait une erreur.
Mais c’était déjà trop tard, la dispute était lancée.
Je me suis donc retrouvé, à faire la vaisselle (qui s’était accumulée) toute seule, puisque je cite : « Fais-la toute seule, puisque quand c’est moi, ce n’est jamais bien fait ! »
Bon, celle-là, je l’avais peut-être un peu méritée.
Mais autant vous dire, que dès le lendemain, un nouveau lave-vaisselle était commandé.
Tout ça, pour un électroménager qui avait une quinzaine d’années et qui ne rêvait sûrement que d’une chose, partir à la retraite.
Avec Chéri, quand quelqu’un de notre entourage subit un sinistre (petit ou grand), on est les premiers à dire : « Ce n’est pas grave, ce n’est que matériel. Tant que vous, vous n’avez rien. »
La vie de couple, ce n’est pas simple …
Mais il faudrait peut-être quand même qu’on pense à appliquer nos propres principes …
Tata Mackintosh
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